'476 DE L* H O M M E.
la plupart des officiers incapables des fatigues de laguerre, mais la mollesse de leur éducation. Qu’on ré-silié du service à quiconque ne peut faire certainesmarches, íoulever certains poids & supporter certai-nes fatigues ; le désir d’ebtenir des emplois militairesarrachera les François à la mollelTè : ils voudront êtrehommes : leurs mœurs & leur éducation changeront.L/ignorance produit l’imperfection des lois ; & leurimperfection les vices des peuples. Les lumières pro-duiíent l’effet contraire. Audi n’a-t-on jamais comptéparmi les corrupteurs des mœurs ce Licurgue, ce sagequi parcourut tant de contrées pour puiser dans lesentretiens des philosophes les connoiflances qu’exi-geoit l’heureufe réforme des lois de son pays.
Mais dira-r-on , ce fut dans l’acquisition même dsces connoilsances qu’il puiía son mépris pour elles. Etqui croira jamais qu’un législateur qui (e donna tantde peines pour rassembler les ouvrages d’Homère, 5cqui fit élever la statue du rire dans la place publique,ait réellement méprisé les sciences ! Les Spartiates ainsique les Athéniens, furent les peuples les plus éclairés5c les plus illustres de la Grèce. Quel rôle y jouèrentles ignorans Thébains jufqu’au moment qu’Epami-nondas les eut arrachés à leur stupidité ?
J’ai montré dans cette section les erreurs 8c les con-tradictions de ceux dont les principes diffèrent desmiens.
J’ai prouvé que tout panégyriste de l’ignorance ,est du moins à son infu, l’ennemi du bien public. 1