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Tome troisième.
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490 DE l' h o As M E.

» Un homme raisonnable , dit Rousseau , est encore» plus difficile à faire : avec beaucoup d’études, on n’est» pas toujours sûr d'y parvenir ». Mais est-on. tou'ourssûr d’une bonne récolte ? le pénible labour de l’automne ,assure-t-d l’abondante moisson de l’été? Au reste qu’ilsoit difficile ou non de former un homme raisonnable; lefait est qu’il ne le devient que par l’instruction. Qu’tst-cequ’un homme raisonnable ? celui dont les jugemens fonten général toujours justes. Or pour bien jug. r des progrèsd’une maladie, de l’excellence d une pièce de théâtre &de la beauté d J une statue , que faut-il avoir préliminaire-ment étudié ? les sciences & 1 s arts de la médecine, dela poésie Sc de la sculpture. Rousseau n’entend-il par cemot raisonnable , que l’homme d une conduite sage ? Maisune telle conduite suppose quelquefois une connoissanceprofonde du cœur humain ; 8c cette connoissance en vautbien une autre. Lorsque l’auteur de l’Emile décrie l’instruc-tion , c’est , dira-t il , qu’il a vu quelquefois l’hommeéclairé se conduire mal. Cela se peut. Les désirs d’un telhomme font souvent contraires à ses lumières. II peut agirmal 8c voir bien. Cependant cet homme ( Lc Rousseaun’en peut disconvenir ) n’a du moins en lui qu’une causede mauvaise conduite : ce sont ses passions criminelles.L’ignorance au contraire en a deux. L’une, ce sont cesmêmes passions ; l’autre c’est l’ignorance de ce que l’hommadoit à l’homme, c’est-à-dire , de ses devoirs envers la so-ciété ; ces devoirs sont plus étendus qu’on ne pense. L’ins-truction est donc toujours utile.

;6. Les arts de luxe, dit-on , énervent les courages.Mais qui leur ferme l’entrée d’un Etat ? est-ce l’ignorance ?non : c’est la pauvreté ou le partage à-peu-près égal desrichesses nationales. A Sparte quel citoyen eût acheté uneboîte émaillée ? Le trésor public n’eût pas suffi pour 1*,payer. Nul Bijoutier ne se fût donc point établi à Lacédé-»