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T B A I T É
cette supposition est ridicule , parce qu'il nesuffit pas pour avoir la réputation de bonMinisire et de bon Générai, comme pouravoir celle de bon philosophe , de se perdreen vaines spéculations. Mais peut-on exigermoins d’un philosophe pour bien raisonner,que d’un Général ou d’un Ministre pour bienagir ? Quoi! il faudra que ceux-ci aient percé ,ou qu au moins ils aient étudié avec soin lesdétails des emplois subalternes ; et un philo-sophe deviendra tout - à - coup un hommesavant , un l omme pour qui la nature n’apoint de secrets, et cela par le charme dedeux ou trois propositions !
Une autre considération bien propre encoreà démontrer l’insuffisance des systèmes abs-traits , c’est qu’il n’est pas possible qu’unequestion y soit envisagée suivant toutes sesfaces. Car les notions qui forment ces princi-pes n’étant que des idées partielles , on n ensauroit faire usage qu’on ne fasse abstractionde bien des considérations essentielles. Voilàpourquoi les matières un peu compliquées,ayant mille biais par où on les peut prendre,donnent lien à grand nombre de systèmesabstraits. On demande , par exemple, quelleest l’origine du mal. Bayle établit sa réponse
sus