des Systèmes. 17
sur les principes delà bonté, de la saintetéet de la toute - puissance de Dieu : Malle-branche préféré ceux de l’ordre, delà sagesse :Léibnitz croit qu’il ne faut que sa raisonsuffisante pour expliquer tout: les théolo-giens emploient les principes de la liberté,de la providence générale et de la chuted’Adam (1) : les Sociniens nient la presciencedivine : les Origénistes assurent que les peinesne seront pas éternelles : Spinosa n’admetqu’une aveugle et fatale nécessité : enfin lesManichéens ont de tout tems entassé princi-pes sur principes , absurdités sur absurdités.
(1) Les principes dont Bayle, Mallebranche, Léibnitz,et les théologiens se servent, sont autant de vérités : c’estl’avantage qu’ils ont sur ceux des Sociniens, des Origé-nistes et des autres. Mais aucune de ces vérités n’est assezféconde pour nous donner la raison de tout. Bayle ne setrompe point lorsqu’il dit que Dieu est saint, bon , tout-puissant : il se trompe sur ce qu’en croyant ces données-là suffisantes, il veut faire un système. J’en dis autantdes autres. Le petit nombre de vérités que notre raisonpeut découvrir, et celles qui nous sont révélées, fontpartie d’un système propre à résoudre tous les problèmespossibles ; mais elles ne sont pas. destinées à nous le faireconnoître, et l’Eglise n’approuve point les théologiensqui entreprennent de tout expliquer.
Tome IV.
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