i8
Traité
Je ne parle pas des philosophes païens , qui,en raisonnantsur des principes diflérens ,sonttombes élans quelques - uns de ces systèmes ,ou djns d’autres , tels que la métempsycope.
On voit, par cet exemple , combien il estimpossible d’élever sur des principes abstraitsun système qui embrasse toutes les partiesd’une question. Cependant les philosophesne balancent pas. Dans ces sortes de caschacun a son système favori, auquel il veutque tous les autres cedent. La raison a peu depart au choix qu’ils font ; d’ordinaire les pas-sions décident toutes seules. Un esprit natu-rellement doux et bienfaisant, adoptera lesprincipes qu’on tire de la bonté de Dieu ,parce qu’il ne trouve rien de plus grand , deplus beau, que de faire du bien : ainsi ce doitêtre là le premier caractère de la Divinité ,celui auquel tout doit se rapporter. Un autredont l’imagination est grande , et les idéessont relevées , aimera mieux les principesqu’on emprunte de l’ordre et de la sagesse ,parce que rien ne lui plaît davantage qu’unenchaînement de causes à l’infini, et unecombinaison admirable de toutes les partiesde l’univers, le malheur de toutes les créa-tures dut-il en être une suite nécessaire. Enfin