148 HISTOIRE
lu plus forte. Il se déclara le protecteur des sujetsprotestants de l’empereur en Silésie, province ap-partenante à la maison d’Autriche , non à l’em-pire. Il voulut que l’empereur leur accordât deslibertés et des privilèges, établis à la vérité parles traités de Vestphalie , mais éteints, ou du moinséludés par ceux de llysvick. L’empereur, qui necherchait qu’à éloigner un voisin si dangereux ,plia encore, et accorda tout ce qu’on voulut. Lesluthériens de Silésie eurent plus de cent églises,que les catholiques fureut obligés de leur céderpar ce traité; niais beaucoup de ces concessions,que leur assurait la fortune du roi de Suede , leurfurent ravies dès qu’il ne fnt plus en état d’imposprdes lois.
L’empereur, qui fit ces concessions forcées, etqui plia en tout sous la volonté de Charles XII ,s’appelait Joseph; il était fils aîné de Léopold, etfrere de Charles VI , qui lui succéda depuis. I/in-ternonce du pape, qui résidait alors auprès deJoseph, lui fit des reproches fort vifs de ce qu’unempereur catholique comme lui avait fait céderl’intérêt de sa propre religion à ceux des hérétiques.« Vous êtes bien heureux, lui répondit l’empereur« en riant, que le roi de Suede ne m’ait pas proposé« de me faire luthérien; car, s’il l’avait voulu, je« ne sais pas ce que j’aurais fait. »
Le comte de Wratislau, son ambassadeur auprèsde Charles XII , apporta à Léipsîck le traité enfaveur des Silésiens, signé de la main de son maître.Alors Charles dit qu’il était le meilleur ami del’empereur; cejmndant il ne sut pas sans dépit que