*20 HISTOIRE
d’affamer l’armée moscovite, qui, manquant detout, serait obligée dans un jour de se rendre àdiscrétion avec son empereur.
Le czar a depuis avoué plus d'une fois qu’il n'a-vait jamais rien senti de si cruel dans sa vie que 'les inquiétudes qui l’agiterent cette nuit : il rou-lait dans son esprit tout ce qu’il avait fait de.-puis tant d’années pour 1$ gloire et le bonheurde sa nation; tant de grands ouvrages, toujours jinterrompus p^r des guerres, aLlaient peut-être ;périr avec lui avant d’avoir été achevés ; il iallait lou être détruit par la faim , an attaquer près decent quatre-vingt mille hommes avec des troupeslanguissantes, diminuées de la moitié, une cavale-rie presque toute démontée, et des fantassins exté Ttmés de faim et de fatigue. !
Il appela le général Czeremetof vers le com-mencement de la nuit, et lui ordonna, sans ba-lancer et sans prendre conseil, que tout fût prêt àla pointe du jour pour aller attaquer les Turcs labaïonnette au bout du fusil.
Il donna de plus ordre exprès qu’on brûlât (tous les bagages , et que chaque officier ne ré- 1servât qu'uu seul chariot, afin que, s ils étaientvaincus, les ennemis ne pussent du moins profiterdu butin qti iis espéraient.
Après avoir tout réglé avec le général pour labataille , il se retira dans sa tente accablé de don- |leur et agité de convulsions, mal dont il était 1souvent attaqué, et qui redoublait toujours avec 1violence quand il avait quelque grande iuquié- Itude. Il défendis <pie personne osât de la nuit