û3a HISTOIRE
toujours tomber à Constantinople plus d’une tête :il en coûta la vie à l’ancien visir Chourlouli et aOsman, ce lieutenant de Baltagi Mebemet, quiétait le principal auteur de la paix de Pruth , etqui depuis cette paix avait obtenu une charge con-sidérable à la Porte, Ou trouva parmi les trésorsd’Osman la bague de la czariue et vingt millepièces d’or au coin de Saxe et de Moscovie ; ce futune preuve que l’argent seul avait tiré le czar duprécipice, et avait ruiné la fortune de Charles XII .Le visir Baltagi Mehemet fut relégué dans l’isle deLemnos , où il mourut trois ans après. Le sultanne saisit son bien ni à son exil ni à sa mort ; il n’é*tait pas riche, et sa pauvreté justifia sa mémoire.
A ce grand-visir succéda Jussuf, c’est-à-direJoseph, dout la fortune était aussi singulière quecelle de ses prédécesseurs. Né sur les frontièresde la Moscovie, et fait prisonnier par les Turcs àl’âge de six ans avec sa famille, il avait été venduà un janissaire. Il fut long-temps valet dans leserrail, et devint enfin la seconde personne del’empire où il avait été esclave; mais ce n’étaitqu’un fantôme de ministre. Le jeune sélictar AliCoumourgi l’éleva à ce poste glissant, en attendantqu’il put s’y placer lui-même, et Jussuf, sa créa-ture, n’eut d’autre emploi que d’apposer les sceauxde l’empire aux volontés du favori. La politiquede la cour ottomane parut toute changée dès lespremiers jours de cevisirat: les plénipotentiairesdu ezar, qui restaient â Constantinople et commeministres et comme otages, v furent mieux traitésque jamais: le grand-visir confirma avec eux la