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ELOGE DE
vouons-le dc bonnc-foi) avoient attaque les vi-ces de leur tems avec des armes qui faisoicutrougir la Vertu.
Régnier, peut-être en cela seul, fidèle Disci-ple de ces dangereux Maîtres, devoir à cettehonteuse licence une partie de sa réputation ; &il sembloit alors que l’obsceníté fût un sel ab-solument nécessaire à la Satire; comme on s’estimaginé depuis, que l’amour devoir être le fon-dement, & pour ainsi dire, l’amc dc toutes lesPièces dc Théâtre.
Monsieur Despréaux fut mépriser de si mau-vais exemples dans les mêmes Ouvrages qu’iladmiroit d’ailleurs. II osa le premier faire voiraux hommes une Satire sage & modeste. Ilne l’orna que de ces grâces austères, qui fontcelles de la Vertu même; travaillant íâns ces-se à rendre sa vie encore plus pure que sesEcrits, il fit voir que l’amour du Vrai, con-duit par la Raison, ne fait pas moins l’Hom-me de bien que l’excellent Poète.
Incapable de déguisement dans ses mœurs ,comme d’affectatíon dans ses Ouvrages, il s’esltoujours montré tel qu’il étoit; aimant mieux,disoit-il, laisser voir de véritables défauts, quede les couvrir par de fausses vertus.
Tout ce qui choquoit la Raison ou la Vé-rité, excitoit en lui un chagrin, dont il n’é-toit pas maître, & auquel peut-être sommes-nous redevables de ses plus ingénieuses com-positions. Mais en attaquant les défauts desEcrivains, il a toujours épargné leurs per-sonnes.
II croioit qu’il est permis à tout homme,qui fait parler ou écrire, de censurer publi-que-