Band 
[Volume I. Tomes I. & II.]
Seite
35
JPEG-Download
 

SATIRE II. 35

Jamais au bout du vers on ne te voit broncher;

Et fans qu’un long détour t’arrête, ou t’embarrasse,^2 A peine as-tu parié, qu’elle-même s-’y placé.

Mais moi , qu’un vain caprice, une bizarre humeurPour mes péchez, je croi, fit devenir Rimeur;Dans ce rude métier, où mon esprit se tuë ,

En vain, pour la trouver , je travaille & je suë.

15 . Souvent j’ai beau rêver du matin jusqu’au loir :Quand je veux dire blanc, la quinteuse dit noir.

Si je veux d’un Galant dépeindre la figure,

Ma plume pour rimer trouve l’Abbé de Pure;

Si je pense exprimer un Auteur sans défaut,

La

Si je pense parler d*un Galant de notre tigeMa plume pour rimer rencontrera Ménage. ■

jjtaïs heureusement pour V Abbé Ménage, 1 ‘A'o'oé de Pureft cn ce teras-là des Vers contre notre Auteur. C’étoitUne Parodie de la Scène de Corneille, dans laquelle Au-gnste confond Cinna après la découverte de fa conjura-tion ; 8c dans cette'Parodie , Mr. Colbert convainquentMr. Despréaux d’être l’Auteur rie quelques Libelles qui pa-roiffoient alors.. Mr. Despréaux n’étoit pas attitré que dePure eût fáit cette Parodie maligne; mais il sivoit bien quecet Abbé la distribuoit. Pour tonte vengeance d’unesi noisre calomnie, notre Auteur fe contenta de mettre le nomde l’Abbé de Pure dans cette Satire, où il le traite ironi-quement de Galant; patee que cette Abbé aftestoit un aitoc propreté' 8c de galanterie , quoi qu’il nc fût ni propreni galant.

Michhi de P tr r e étoit dé Lyon, oìt son Fete avo’tété Prévôt des Marchands, 'en 1S34. & son Aïeul, Lchc-vin en 1556. 11 avoir publié en 1663. une fort mauvaise

Tiadu&ion içshtintilien, Dans la fuite il traduisit enccteB 6 i’ ilic-