4 î SATIRE II.
II n’a point en ses vers l’embarras de choisir,
Et toûjours amoureux de ce qu’il vient d’écrire,
90 Ravi d'étonnement en soi-même il s’admire.
Mais un Esprit sublime en vain veut s’éleverA ce degré parfait qu’il tâche de trouver :■
Et toûjours mécontent de ce qu’il vient de faire,
II
» les applaudissemens du Public ; Quand un pauvre' Esprit» travaille beaucoup pour faire un mauvais Ouvrage, il
n’eíì pas juste ni raisonnable qu’il attende des louanges,, publiques \ car elles ne lui font pasdûës: Maisafin que-> ses travaux ne demeurent pas fans récompense , Dieu,r lu- donne une satisfaction personnelle, que personne ne,, lui peut envier sans une injustice plus que barbare. Tout,, ainsi que Dieu, qui est juste , donne de la satisfaction»» aux Grenouilles, de leur chant: autrement , le blâme, public , joint à leur mécontentement » seroit suffisant,, pou* les réduire au désespoir. Le P. François Ga-rasse, Somme Théolog. L. 11 . p. 479.
Imitations, lbid. Vn Sot en écrivant , ôte, ] Horace,LiII.Ep.II. 106. 5 c íeqq. 12.5.
Hsdcntur, ma la qui componunt Carmina: verùmGaudent scribentes , fy fe venerantur $ fy ultraSitaceas , laudant} quidquid fcripfere beatì. ôcc.Pratulerlm scriptor delirus , inerfque viderì ,
Dum mea deUftent mala me , vtl denique fallant:
Qukm fapcrc , fy ríngi.
V er s 94. H plaît à tout le monde , fy ne fauroit se flaire,]'En cet endroit, Molière dit. à notre Auteur-, en lui serrantJa main: Voilà la plus belle vérité que vous ayez. jamais dite •Je ne fuis pas du nombre de ces Esprits sublimes , dont vous par-lez,} mais tel que je fuis , ji n 9 ai rien fait en ma vie, dont jefois véritablement content .
Le célèbre S a nteul pensoit bien autrement de ses Po estes,U ravoiia même un jour ches Thierri , à Mr. Despréaux,
gui'