4 8 SATIRE III.
A peine étois-je entré, que ravi de me voir,
Mon Homme, en m’embrassant, m’est venu recevoir,Et montrant à mes yeux une allégresse entiere,Nous n’avons,m’a-t-il dit, ni Lambert ni Molière:35 Mais puisque je vous voi, je me tiens trop content.Vous êtes un brave homme : Entrez. On vous attend.A ces mots, mais trop tard, reconnoissant ma faute ,Je le fuis en tremblant dans une chambre haute,.Où malgré les volets Je Soleil irrité40 Formoit un poêle ardent au milieu de l’Eté.
Le couvert étoit mis dans ce Lieu de plaisance ;
Où j’ai trouvé d’abord, pour toute connoissance,Deux noblesCampagnards,grands lecteurs de Romans,Qui m'ont dit tout Cyrus dans leurs longs complimens-
J'en-
Vfrs 45. Deux nobles Campagnards 8tC. ] De ces deuxCampagnards il n’y en a qu’un qui soir un personnage réel.Voïez la Remarque sur le vers 17Î. de cette Satire.
Vers 44. rnonl dit tout Cyrus dans leurs longs compli-ment.] ^irtamene ou le Grand Cyrus, Roman de Mademoi-.selle de Souder!, en dix volumes. II est rempli de longuesconversations, 8c fur tout de gtans Complimens fort en-nuïeux. C’est pourquoi Furetiere a dit dans l’Histoire destroubles arrivés au Hpyaume d 1 Eloquence, Que les Bourgeois decette Place (le Roman de Cyrus) affeéloient fur tout d*êtrefort civils ,& de fort bon entretien . La plupatt des gens deProvince , qui s’imaginoient que le stile de ces Romansétoit le stile de la Cour, 8c un modèle de politesse, for-moient leur langage 8c leurs complimens fut íe cyrus &fur la Clêlie, dont ils retenoient les façons de parler. CesRomans, dont le goût s’étoit répandu dans toute la Fran-ce, avoient aussi produit les Précieuses-.caractère que Mo-lière a 6 bien joué. Les premiers Volumes du Roman deCyrus commencèrent L paroîtie en 164 9.
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