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[Volume I. Tomes I. & II.]
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SATIRE III. - 5î;

Avec des jaunes d’œufs mêlez dans du verjus ?

5 Ma foi, vive Mignot, Lc tont ce qu’il apprête îLes cheveux cependant me dressoient à la tête :

Car Mignot, c est tout dire, Lc dans le Monde entier,Jamais empoisonneur ne sut mieux son métier.

J’ap-

d’un Traiteur qui demeuioit dans le quartier de l’Univtt-fite Se qui avoir inventé la maniéré de les faire.

V e R s 65. Ma foi > w'vc Mignot , Scc. J J a q_u t! Mi-§sor, Patiffier-Traiteur , demeuroit dans ia Rué dela Harpe, vis-à vis la Rué percee. 11 avoir la charge deMaître Queux de la Maison du Roi , St celle d’Ecuïerde la bouche de la Reine : ainsi il crut qu’il étoit deson honneur de ne pas souft.ir qu’011 traitât d’tmpoilón-neur, un Officier comme lui. 11 donna sa plainte à M.Deffita, Lieutenant Criminel , contre l’Auteur des Sati-res, mais ni ce Magistrat, ni M. de Riants , Procureur“u Roi, ne vaulurent recevoir la pla me de Mignn : ilsI® renvo'rerent > en disant que l’injure dont il se plaignoic,n J*oit qu’une plaisanterie dor.t il devoir rire tout le pre-mier. Cette raison , bien loin de l’appaiser, ne sit qu’ir-ritet sa colère : Sc voïant qu’il ne pouvoir elper.r de sa-pssaáion par la voie de la Justice , il résolut de le fairejustice lui même. Pour cet ester , ii s’avilâ d,’un expé-dient tout nouveau. Mignot avoir la réputation de faired’cxcellens biscuits >8c tout aris en envoïoir quetír cheeLi. ll sot que l’Abbè Cotin avoir fait une Sati e e ntreM, Despréaux leur Ennemi .commun Mignot la sir im-primer à ses dépens ; Sc quand on venait achete, desbiscuits, il les envelopoit dans la feuille qui contetioit lasatire imprimée, afin de ia répandre dans le Public: as-sociant ainsi ses raleus à ceux de l’Abbé Cotin. QuandMr. Despréaux vouloir se réjouît avec lès amis , il en-vo'ioic achete-r desbisiuits chez Mignot , pour avoir laSatire de Cotin. Cependant la colère de Mignot s’appai-L, quand il vit que la Satire de Mr. Despréaux , bien ioiad; le décrier, comme il le craig. oir , l’avoi r rendu ex-rreniement célébré. En effet, depuis ce tems-ià tout Jehtonde vouloir aller chez b >. Mignot a gagne du biendans fa profession, 8c il fait gloire d’avouer qu’il doit fasomme à Mr. Despréaux.

C a Ysas