ïï8 SATIRE VIÎ.
Riche, gueux,triste ou gai,je veux faire des vers.Pauvre Esprit, dira-t-cn, que je plains ta folie!
7 » Modère ces bouillons de tamélanchoîie;
Et garde qu’un de ceux que tu penses blâmerN’éteigne dans ton sang cette ardeur de rimer.
Hé quoi!lorsqu’autrefoisHorace,après Lucile,Exluloit en bons mots les vapeurs de & bile,
Et
Chang. Vers 6%. Riche, gueux, triste ou gai, j c vernefaire des vers.] Il y avoir dans les premières éditions:
Riche, gueux, & content, Lee.
Mr. Desmaréts, dans la Critique qu’il sic en K74. des Sa-tires de notre l'oëte, condamna cer endroit, parce quecontent demandoit un mot qui lui fût opposé, comme triste:Sc il lui proposa de mettre ainli : .
Riche eu gueux , triste ou gai , je veux faire des vers.
Notre Auteur a sagement profité de cette correction: C’estpourquoi il a dit ailleurs, en parlant de ses Ennemis, Epi-ue VU. 6j.
Je fai fur leurs avis corriger mes erreurs.
g Voici la colique que Des Maretsa faite de ce vers ;
Riche, gueux, ou content je veUx faire des vers.
„ Ce content est bien ma! place'; 8c tout seul iinecontén-„ te point. 11 falloir lui opposer un mot, comme, ««„ triste. Car on ne sait à quoi s’attache ce mot, ou con-„ Unt. 11 falloir dire, riche ou gueux , content ou triste ,„ pour faire les oppositions justes. Cela est pris 8c mal,, traduit d'Horace; qui fait toutes les oppositions nécef-„ faires, tant pour ce qui est d’être vieux ou jeune ,riche,, ou pauvre, soit qu’il fût à Rome ou en exil, silasortu->, ne le vouloir, 11 dit N< longum fteiam 8ce. Donc
„ sans