SATIRE VIII. rz;
Vit ftns bruit,fans débats, fans noise, fans procès.Un Aigle, fur un champ prétendant droit d’Aubaine,
140 Ne fait point appeler un Aigle à la huitaine.
Jamais contre un Renard chicanant un poulet,
Un Renard de son sac n’alla charger Rolet.
Jamais la Biche en rut n’a pour fait d’impuissanceTraîné du fond des bois un Cerf à l’Audiance,
145 Et jamais Juge,entr’eux ordonnant le Congrès,
De ce burlesque mot n’a sali ses arrêts.
On ne connoît chez eux ni Placets, ni Requêtes,
Ni
Vers IZ5>. Vn <AigU sur tin champ pre'tcndant Droit d'hu-itaine. ] Le Droit d ’hubaine est le droit de prendre la suc-cession d’un Etranger qui meurt en France. Ce Droit ap-partient au Roi (éul, dans fòn Roïaume. Ainsi, ce n’estpas au hazard que le Foëte attribue à l’Aigle le Droitd’Aubaine, qui est un Droit Roïal : car l’Aigle est le Roides Oiseaux
t Vers 141. Vn Renard de son sac n* alla charger Ttplct. 1 Pro-cureur au Parlement , dont il a été parlé dans la Satire I.vers z. L’exempledu Renard est d’autant plus juste, queRolet avoir la physionomie & les inclinations d’un Re-nard.
Vers. 145. Et jamais f lige enir’ eux ordonnant le Congrès ,otc. ] Le Congrès est une preuve honteuse qui se faisoitenprésence de Chirurgiens & de Matrones , par ordonnancedes Juges Ecclésiastiques, quand une femme demandoitladissolution du mariage à cause de impuissance du mari.Ces deux vers, qui ftapèrent Mr. ie Premier Président deLamoignon, ne contribuèrent pas peu à faire abolir l’ufa-ge du Congrès. E11 effet, depuis la publication de cette Sa-tire, toutes les fois qu’il se présenta au Parlement quelquecontestation au sujet du Congrès , ce sage Magistrat se dé-» Clara contre cette épreuve. Mr.de Lamoignon son fils,Avocat Général, portant la parole en 1674. dans une cau-se de cette espèce, témoigna la juste horreur que l’on de-voir avoir de cqt usage odieux, qui offense, dit-il,lesbon-nes moeurs, la Religion, la Justice, & la Nature même.
Enfìa,