A T I R E IX
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'Est à vous, mon Esprit, à qui je veux parler,
Vous avez des défauts que je ne puis celer.Assez & trop long-tems ma lâche complaisance,De vos jeux criminels a nourri l’insolence.
Mais
J /Auteur adresse cette Satire k son Esprit. Après la publi-cation des sept premières Satires, il fut assailli par unefoule d’Auteurs, dont il avoir parlé peut-être avec trop defranchise. Ce fut pour leur répondre , Sc pour faire enmême rems Ion Apologie, qu’il conflit l’idée de cette Piè-ce. Mais son embarras fut de savoir comment il execute-ïoit ce dessein: car il vouloir éviter l’écueil dans lequel fesEnnemis a voient donné; c’est-à dire , la chaleur, l'em-portement, Sc par conséquent les injures grossières. 11 ju-gea donc qu’il n’avoir pas d’autre ton à prendre que celuide la plaisanterie, pour tourner fes Ennemis en ridicule,inus leur donner aucune prise sur lui. C’est ce qu’il exécu-ta d’une manière inimitable dans cette Satire, qui est. en-Tietement dans le goût d’Horace. , fous prétexte de
censurer fes propres défauts, ou ceux de son Esprit , il fejustifie de tousses crimes que ses Adversaires lui imputoient,& les couvre eux-raêmes d’une nouvelle confusion. 11 sefait son procès à soi-meme, pour lc faire à tous les autres.
Cette Satire est fans contredit la plus belle de toutes, Scce le ou il y a le plus d’art, d’invention , 8 c de finesse.En un mot, on peut hardiment i’opposer , & peut-êtremême ia préférer à tout ce que l’Antiquité nous a fournide plus parfait eu ce genre..
M Despré-aux la composa en 1SS7- mais il ne la fit im-primer que l’année suivante , après avoir composé & pu-blié la Satire de l’Homme. Cette derniere Satire, qúi estla huitième, eut un succès extraordinaire. Le Roi lui-mê-me, à qui on en fit la lecture, en parla plusieurs fois arecde graus éloges. Le Sr.de S a i h t- M a u r i s *, Chevau-
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