SATIRE IX. 149
j Mais puisque vous pouffez ma patience à bout,
Une fois en ma vie il faut vous dire tout.
On croiroit à vous voir,dans vos libres caprices tDiscourir en Caton des vertus & des vices,
Décider du mérite & du prix des Auteurs,lo Et faire impunément la leçon aux Docteurs,
Qu''étant seul à couvert des traits de la Satire,
Vous avez tout pouvoir de parler & d’écrire.
Maïs
léger de la Garde du Roi, qui en fur témoin , lui dit queBoileau avoir fait une amie Satire qui etoit encore plus bel-le que celle-là, Sc dans laquelle il parloir de Sa Majesté.,Ue Roi lui dit fièrement, mais avec quelque surprise : II yParle de moi, dites-vousï Oki , Sire, répandit St. Mauris >mais il en parie avee tout le respect qui ejl dû a Vetre Majejìe,Alors le Roi témoigna de la curiosité pour lavoir; & !>.Mauris lui promit de la demander à l’Auteur,qui etoit detes amis. Mr. Despréaux lui remit en effet unecopiedelaSatire à fim Esprissinivêi faisant promettrequ’il 11e la mon-t-reroit qu’au Roi. Le Roi l’aïant lué la fit voir à quelquespersonnes de fa Cour. Madame la Maréchale de la Morne,Gouvernante de Monseigneur, en fit faite une copie qui enproduisit bien tôt quantité d’autres. Ainsi , c’est en quel-1 u e façon , de la main du Roi même que cette Pièce apané dans les mains du Public,
L’Auteur craignant qu’on ne l’imprimât fur quelque co-pie défectueuie, se détermina à la faire imprimer lui-mê*me ; Sc l'accompagna d’un petit Discours en prose, où iljustifie, par l’autorité des Poètes anciens Sc modernes,laliberté qu’il s’est donnée dans les Satires, de nommer lesAuteurs.
Vers y. On croiroit k vous voir , Sec, ] Ce vers Sc les troisftivans, qui désignent les Satires précédentes, particuliè-rement la huitième, furent ajoutés par l'Auteur a la Sati-re neuvième, quand il voulut la.faire imprimer; car elleavoie été faite avant la huitième. U y avoir auparavant,:Votts citiez., qu'a couvert des traits .dt la Satire , Scc.
G 5,
y. sas.