zzz LETTRE XII. I. RE'PONSE
veut faire sentir aux autres les mouvemens qu’il 5souffre lui même; il est fâche quand il. n eréussit pas dans ce malheureux dessein, & iLs’at'triste du mal qu’il n’a pas fait.
Quelquefois ses Vers peuvent être assez innO'cens ; mais la volonté du Poëte est toujours
criminelle; les Versn’ontpastoújoursastèzdfcharmes pour empoisonner , mais le Poëte veuttostjours qu’ils empoifonnnent ; il veuttoûjour sque faction soit passionnée & quelle excite dutrouble dans le cœur des Spectateurs.
Quel raport trouvez-vous donc entre unPoct
te de Théâtre, & le Traducteur de Térence-L’un traduit un Auteur pour l’instruction des jenfans, qui est un bien nécessaire; l'autre faj £ j
des Comédies, dont la meilleure qualité est d’e'
tre inutiles. L’un travaille à éclaircir la Lau-gue de l'Eglise ; !'autre enseigne à parler le Lad'gage des Fables & des Idolâtres. L’unôtetotd ,le poison que les Païens ont mis dans leurs Co'médies, l'autre en compose'de nouvelles, ®tâche d’y mettre de nouveaux poisons. L’dd fenfin fait un sacrifice à Dieu en travail liant ut£lement pour le bien de l’Etat & de'l’Eglise,*’/l’alttre sait un sacrifice au Démon, comme di £
S. Augustin, en lui donnant des armes pour»perdre les âmes. Cependant vous égalezdeux esprits; vous ne mettez point de differed'ce entre leurs Ouvrages ; & vous obligez toutesles personnes justes de vous dire avec S. Jerô-me, qu’il n’est rien de plus honteux que 4 econfondre ce qui se fait pour le plaisir inuti-le des hommes arec ce qui fè fait pour fini'traction des Enfans, & quod tn pv.criscejjìtatis eji , crimen in se sacere vohptatis,