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Tome premier.
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DE P. Corneille.

ceptes judicieux. Remarquons que le premier pasde l’esprit humain , en se développant, est l'imita-tion. Un instinct secret le pousse à chercher desexemples , et les traductions doivent être les pre-miers ouvrages d’un peuple qui marche vers la lu-mière.

On ne connoît point de traductions des orateursgrecs et latins , des philosophes et des peres , plusanciennes que le milieu du seizième siecle. La rhé-torique d’Aristote fut traduite par Robert Etienne,interprète du roi pour les langues grecque et latine ;mais l’ouvrage ne parut qu’en t63o , parles soinsdu neveu de l’auteur. On juge bien que les rhéto-riques des auteurs François, faites avant le dix-sep-tieme siecle , étoient très défectueuses , et ne pou-voient avoir de bon que ce qui avoit été pris dansles anciens. Comment eût-on donné les préceptesde l’éloquence françoise qui étoit'encore à naître ?Ainsi ces ouvrages ne doivent être regardés quecomme des traductions. Tels sont le grand et vraiart de pleine Rhétork/ue de Pierre Fabry, impriméd’abord en 1621 ; la Rhétorique de Pierre de Cour-celles i55y ; Discours de la langue et le trésortdebien dire , par Claude le Gris , 1604 , etc.

Dans le même siecle. le Roi, Pappon, Tournay,l’Allemant, M. du Vair , garde des sceaux , tradui-sirent différents morceaux de Démosthenes ; Saliqt,Cuzzij le Blanc , Laval 5 le même Al. du Vair 3 tra^duisirent Cicéron. Mais ils furent effacés, par les

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