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premiers traducteurs du dix-septiemè siecle , quidévoient l’être à leur tour par M. de Toureil etM. l’abbé d’Olivet. Quant aux dictionnaires , le pre-mier ouvrage en ce genre est dû à Robert Etienne ,quimourut en i55c); mais il est visible que le tempsn’étoit pas encore venu : ou ne peut faire un bondictionnaire quand la langue n’est pas faite.
( 1 5) Dans le seizième siecle, le style étoit naïf,mais sans force , sans noblesse et sans agrément.Quand on commença à lire les auteurs anciens, onsuppléa, par l’érudition, au défaut du génie; et aulieu d’éloquence , on hérissa toutes les compositionsde citations grecques et latines. C’étoitlà l’éloquencedu barreau et de la chaire. Pibrac et sur-tout Bar-nabé Brisson contribuèrent beaucoup à introduirecet usage ; car , dit M. Gueret * , l’usage des cita-tions s’introduisit par l’envie de plaire au premierprésident de Thou **, et pour imiter Barnabé Bris-son. La fureur de citer étoit telle , que l’orateurdonnoit souvent ses propres pensées sous le noin deCicéron ou de S. Augustin. Faye, Versoris , Man-got , Pasquier , Arnauld, Marion , Servin , furentcélébrés parmi les avocats, mais non comme les
* Entretiens sur l’éloquence de la chaire et du barreau ,» 666 .
** Christophe de Thou, pere de Jacques-Auguste de Thou,historien justement célébré, et aïeul de François-Auguste deThou , qui fut décapité en 1642.