100
E L O G fe
s’annôncent déjà dans la scene du raccom»modement , et dans la scene'où les deuxvieillards se demandent pardon. Ces succèsétendoient les vues de Moliere. Il médita pro-fondément sur son art. A côté de l’intrigue ,qui est la source de l’intérêt, il apperçut lesmoeurs jusques-là négligées, les mœurs dontla peinture redouble l’intérêt par l’illusionthéâtrale. Frappé de cette idée, Moliere ar-rêta ses regards sur la nation ; il pensa quepuisqu’elle étoit l’objet des spectacles , elleen devoit elle-même fournir les sujets, etque le ridicule qu’il y puiseroit , pourroitinstruire et plaire , en éclairant la sagesse eten faisant rire la malignité. Il vit d’abord lamanie du bel esprit, répandue dans tous lescercles, présidant à ces tribunaux où l’igno-rance jugeoit les talents célébrés, et où laconversation , si utile aux progrès de l’espritquand elle est simple et naturelle , n’étoitqu’un choc d’expressions vuides et de pen-sées fausses. Moliere couvrit à jamais de ri-dicule ces sociétés , par la comédie des Pré-cieuses. Sa critique répandit une lumièrenouvelle et vive ; elle est l’époque du bongoût en France : et tel est l’ascendant dugrand homme sur les idées générales, que