Éloge
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caractères portent des traits plus marqués,'mais la nature y est défigurée par la dépen-dance. Entre ces deux conditions extrêmes ,on rencontre la médiocrité qui est l’état na-turel de l’homme ; c’est là qu’il s’éloigne etdes grands intérêts qui l’avilissent par la faus-seté , et de l’indigence qui le dégrade par laservitude. En parlant de l’art de Molière, decet art dont on n’a d’autre précepte que sesouvrages , on a voulu distinguer trois genres,le comique bas, le comique bourgeois, et lecomique noble , comme si la nature n’étoitpas par-tout également noble , et comme sile préjugé avoit dû ennoblir jusqu’au ridi-cule des grands. Quoi qu’il en soit, chacunde ces genres demande un homme supérieur,un homme qui ait bien vu l’état qu’il veutpeindre : quelle force de tête n’a-t-il pas fallupour les embrasser tous , pour oser les mêlersur la scene ! Moliere a peint la société tellequ’elle est sous nos yeux ; les individus ysont liés par une dépendance réciproque , ilne les a pas séparés. Tout caractère est bienplacé quand il est utile à l’action , tout carac-tère est digne d’être présenté quand la pein-ture en est vraie ; c’est à la connoissance deces vérités qu’il dut le grand art des con-,