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trastes , et l’ordonnance de ses tableaux, engroupant ses personnages comme ils le sontdans la nature. Mais il a bien saisi les nuancesqui distinguent les différents états. L’inex-périence d’Agnès n’est pas celle d’Alain etde Georgette; la simplicité de M. Jourdain,dupé par un courtisan, n’est pas celle dubon Orgon , séduit par un hypocrite ; Sga-narelle * et George Dandin sont deux marisjaloux qui ne se ressemblent point , tantMoliere a su varier les mêmes caractères ,soit par une éducation différente , soit parles passions secondaires'qui les modifient,soit par les circonstances où il les place.Moliere avoit reconnu que dans le nom-bre des caractères , les uns ont un principed’action en eux-mêmes , les autres ont be-soin d’être ébranlés pour prendre du mou-<vement. Aussi, tantôt il expose un caractèreprincipal, qui domine sur tous les autres ,qui engage , suspend et dénoue l’action, telssont l’Avare et le Tartuffe. Tantôt l’intriguenaît des caractères secondaires, qui, en pres-sant le caractère principal, servent à le dé-velopper , comme dans le Misanthrope, où
* Dans le Cocu imaginaire.