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Tome premier.
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108 Êioci

simplicité de sa pupille et par l’étourderiedu jeune homme, toujours averti par l’in-discrétion de l’un , et toujours trahi parl’inexpérience de l’autre ! Dans l’Ecole desMaris , les vues sont les mêmes , les moyenssont différents ; Sganarelle tient ici Isabelledans l’esclavage , comme Arnolphe tenoitAgnès dans l’ignorance ; mais il est lui-même le messager de sa captive ; il instruitlui -même l’amant qui doit la lui ravir ;il est témoin de sa fuite et il s’en applaudit.Le comble de l’art est d’inventer de tellessituations , et de les amener d’une manièrenaturelle et vraisemblable. La fécondité deMoliere n’est pas moins singulière. Le sujetde l’Ecole des Femmes eût été froid en d’au-tres mains que les siennes, à peine eût - ilfourni un acte. Moliere en a trouvé cinq ,qu’il a conduits avec une économie incroya-ble. Tout est en récit, et tout semble en ac-tion. Il a l’art de varier la même situation devingt façons différentes , et de rendre le dia-logue toujours nouveau à force d’esprit etde comique. Le sujet du Misanthrope étoitsusceptible du plus grand intérêt, si le Mi-santhrope eût été malheureux , si, victimedes noirceurs des hommes , il eût été forcé