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de les haïr. Le poëte a , pour aiiasi dire, ap-pauvri son sujet, pour tirer tout de son gé-nie ; ce n’est point par raison qu’Alceste haitles hommes, c’est par un travers de l’esprit;il leur dit la vérité par humeur ; il se plaintmoins du mal qu’ils lui ont fait que du malqu’ils peuvent lui faire. Mais les caractèresy sont si bien contrastés , les uns ont tant deforce , les autres tant de finesse, que cettepiece, avec peu d’intrigue et d’intérêt, estun chef-d’œuvre qui n’a point eu de modèle ,et qui en devient un pour la postérité. Lesujet des Femmes Savantes paroît d’abordaussi stérile que celui du Misanthrope ; ilsemble ne promettre que de la sécheresse etde la pédanterie : le génie de Moliere y a misde l’intérêt et du comique. Le despotisme dela femme et la foiblesse du mari, le faux belesprit opposé au simple bon sens , font unexcellent contraste. Les caractères des troisSavantes sont agréablement variés ; celui dela folle Bélise, qui croit tout le monde amou-reux m d’elle, est un earactere original. Onplace avec raison cette piece au rang desmeilleures de Moliere. Une chose digne deremarque, c’est que la plupart des chefs-d'œuvre dç Moliere n’eurent; d’abord qu’un