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pièce , etMoliere n’y a jamais manqué. L’artn’a-t-il donc pas des bornes ? Toute intriguea-t-elle un dénouement naturel et vraisem-blable? et dans le cas où elle n’en a point,Moliere a-t-il dû abandonner une excellenteintrigue, ou se contenter d’un dénouementpossible? C’est une question que nous osonsfaire à nos maîtres ; il ne nous appartientpas de la décider.
Si l’on passe aux détails des pièces , quelart du dialogue ! comme Moliere sait le reindre vif et serré ; retarder les explications jfaire parler deux personnages sans qu’ils s’en-tendent , ou leur faire diye deux choses op-posées'en croyant s’entendre ! Quand ses per-sonnages disputent, quelle force de raison-nement d’un côté, quelle finesse'et quellesubtilité de l’autre ! Dans son genre , il rai-sonnoit et dialoguoit comme Corneille ; etquant à -la diction, combien Moliere n’a-t-ilpas de styles différents î Celui des Précieusesridicules n’est pas celui du mariage forcé;le style du Malade imaginaire, du BourgeoisGentilhomme, ne ressemble pas au style del’Avare ou de l’Ecole des Femmes ; mais au-cun n’approche du style du Tartuffe , et sur-tout du Misanthrope. Par-tout le langage de
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