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Tome premier.
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Éloge

jouissoitde toute sa force quand le livre d®,la nature se ferma devant lui, et il disoit àDespréaux, après lui avoir lu le Misanthro-pe : Vous 'verrez bien autre chose. Où seseroit donc élevé cet homme extraordinaire,pour qui le Misanthrope n’étoit qu’un de-gré? et quelle idée avoit-il de l'esprit humain,s’il voyoit plus loin que le Misanthrope? Quede nouveaux caractères , combien de nuan-ces il auroit saisis dans la société! Hé quoi!dans, les individus qui nous entourent, toutnous présente la même forme , la même su-perficie , et l’œil deMolierey distinguoit tantde différences ! Qui donc lui avoit donné l’artde pénétrer l’homme au travers de l’hommemême, de le dépouiller du respect humainqui le captive, des vices qui gazent d’autresvices , de la politesse qui porte par - tout lemême visage , et d’atteindre le caractère in-dividuel , en disant, tout le reste est étran-ger , voilà ce que t’a donné la nature ! Alorsil reconstruisoit l’homme qu’il avoit analysé ,pour le peindre tel que nous le voyons.

Cet art de l’analyse appartient à la philo-sophie , et Moliere ne fut pas moins philo-sophe que poëte. Dans tous les siècles , lesgrands poëtes et les grands philosophes ont