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Tome premier.
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DE M O LI ÎK I. 1

et ille sera toujours ; car l’art ne change pointtant qu’il ne s’élève que des imitateurs. C’esten quoil’art etla science different. La sciencen’appartient pas moins au siecle qui la per-fectionne , qu’au siecle qui l’a commencée ;l’art n’appartient qu’à celui qui le crée ; etFart est tellement une création, qu’il semblerenfermé dans une seule tête : c’est, pourainsi dire , une grande pensée qu’un hommesuit pendant sa vie , et que ceux qui lui suc-cèdent ne peuvent appercevoir qu’imparfai-tement ; le modèle idéal périt avec l’inven-teur. En effet, le comique n’a pas fait un pasdepuis Moliere, c’est lui qui a marqué le com-mencement et l’extrémité de la carrière ; onl’a suivi quelque temps, on a tenté de nou-veaux genres ; mais le vrai comique a étéabandonné, par l’impuissance d’atteindre leterme où Moliere est resté.

On demandera sans doute combien a vécucelui qui fit tant de grandes choses : il ne vé-cut que quinze ans pour le théâtre. Aussi,quels que soient les chefs-d’œuvre qu’il aproduits, quelle que soit la perfection où sontalent l’a porté , il ne s’est pas déployé toutentier. Il n’avoit pas atteint l’époque de lavie où l’homme commence à descendre ; il

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