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Tome premier.
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îûâ Eloge

dans un seul individu : ainsi la peinture estplus utile , parceqn’elle est plus générale.Qu’eût fait Moliere avec tout le génie dontil étoit doué , s’il n’eût été qu’un observateurvulgaire ? Il eût pu atteindre la régularité del’ordonnance, il l’eût animé d’un brillantcoloris , mais plus comique que vrai ; il eûtpeint moins l’homme que l’enveloppe ; iln’eût tracé que des superficies 1 sans, saillieet sans rondeur. Au lieu que Moliere, dé-pouillé du génie dramatique, se fût fait re-connoître pour un grand philosophe; il eûtmontré le censeur des mœurs, le peintredes caractères, et il eût surpassé la Bruyere,comme il a surpassé Térence.

Le premier projet de Moliere fut la réfor--me du théâtre. On connoît que cette réformelui appartient, par les licences qu’il s’est pei>mises dans ses premières pièces, licences quifurent applaudies. Lorsqu’il eut introduit ladécence du langage, il ne fut plus permis des’en écarter. Moliere proposa la loi, et laloi approuvée par le peuple devint irrévo-cable. En épurant la scene comique , il n’enbannit pas l’amour, mais il l’assujettit à labienséance ; et s’il paroît s’écarter quelque-fois des réglés qu’elle impose, nous devons.