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sollicita que pour eux ; il fut estimé, aiméd’un grand roi , et cette faveur ne fut pointachetéeparla flatterie, quoique ce roi l’aimât. • 'Voilà, dira-t-on, Je portrait du vrai sage ; ceVrai sage est Moliere , c’est l’homme qui futcomédien.
Mais ce sage fut persécuté , parceque sestalents l’exposoient à l’envie, et que le préju-gé de son état encourageoit la licence. Lescritiques sanglantes se multiplièrent avecses chefs-d’œuvre ; la calomnie voulut noircirune union * légitime et malheureuse ; elleattaqua sa personne qui étoit moins connueque ses ouvrages ; voilà comme il fut traitéà la ville. A la cour, où l’envie n’a les yeuxouverts que sur l’ambition , l’homme de let-tres est tranquille quand le prince l’honore.Moliere y fut ami de tous ceux qui aimoientla vertu. Louis XIV, si grand par lui-même,si grand sur-tout par la distribution de son
* On disoit que Moliere , qui étoit amoureux demademoiselle Bejart, avoit épousé sa propre fille;mais elle étoit née en Languedoc, avant qu’il eûtfait connoissance avec la mere. C’est ainsi qu’onse venge de la supériorité des grands hommes; il Lutêtre digne de telles atrocités , pour les inventer.