DE Moliere. l35
rougir par votre exemple ; souvenez-vousque Moliere fut jadis parmi vous ; vous au-rez pour défense vos vertus , l’éclat de vostalents, le suffrage de la philosophie, et’tôtou tard le préjugé' sera détruit.
Pour nous, ne cfégradons point un étatque Moliere a hpnoré de son génie. Nousn’avons rien à recommander aux ministresde la religion ; mais nous pouvons revenirsur les vains préjugés qui flétrissent une pro-fession utile. Osons être justes, en cessantd’être inconséquents ; n’exposons point desâmes nobles à l’opprobre , ou ne demandonspoint à des aines avilies les leçons du cou-rage et de l’honneur ; sur-tout ne croyonsDoint avoir le droit de blâmer leurs moeurs ;si elles sont mauvaises , c’est nous qui les leuravons données , car l’avilissement mene à ladépravation. Cependant beaucoup de comé-diens ont été assez forts pour être vertueux.Si je disois : Un homme eut un esprit supé-rieur, un talent unique sans orgueil; il futbienfaisant quoique riche ; il suivit la vertudans un état où elle et rare et difficile ; il gou-vernent quelques hommes qui l’entouroientautant par l’empire de la bienfaisance quepar la supériorité de l’esprit ; à la cour, il ne
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