de M. l’abbé de la Caille. 177
plus heureuse mémoire , il n’avoit jamaisrien oublié ; parceque , si j’ose m’exprimerainsi, il lisoit plus de l’esprit que des yeux :toute matière où l’on avoit mis de l’ordre, serangeoit dans sa tête comme dans un moulequi lui étoit propre. Muni de principes sé-vères , et d’un goût naturel pour la vertu, ill’avoit conservée pure et incorruptible danssa retraite : c’est là que la vertu 11’a point àcombattre, à l’abri de l’exemple et des oc-casions , qui, dans le monde , lui enlèventtoujours quelque chose, comme l'action desflots de la mermine insensiblement le rivagequi lui résiste. Constant à remplir ses de-voirs, sacrifiant tout à la justice, à la fran-chise , libre de toute ambition et de tout in-térêt, sachant étendre sa fortune par sa mo-dération , je ne crains point de dire que saprobité mérite plus d’éloges que ses ouvra-ges ; c’étoit le seul point sur lequel il souf-froit qu’on le louât : il étoit satisfait de pen-ser qu’il avoit rempli ses devoirs. Ennemi dela flatterie , il savoit qu’elle ne loue guerela vertu. Il a rempli ses fonctions de pro-fesseur au college Mazarin avec le plus grandscrupule. Plusieurs accès de goutte ne l’ontpoint empêché de donner ses leçons, et il
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