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îeur?« Il arrivé plus d’u ne fois sans doute à César d’êtrepiqué d’uneépinglependantqu’iltettoit.Ilfallut doncque son ame se modifiât elle-même d’un sentimentde douleur , immédiatement après les perceptionsagréables de la douceur du lait qu’elle avoit reçuesdeux ou trois minutes de suite ». Leibnitz réponditque « la loi du changement de la substanee de l’a-nimal le porte de la joie à la douleur, dans le mo-ment qu’il se fait une solution de continu dans soncorps, parceque la loi de la substance indivisible decet animal est de représenter ce qui se fait dans soncorps , de la maniéré que nous l’expérimentons, etmême de représenter en quelque façon , et par rap-port à ce corps , tout ce qui se fait dans le monde».Bayle objecta que, selon Leibnitz, l’ame avoit reçu,non seulement la faculté de se donner incessammentdes pensées, mais aussi la faculté de suivre toujoursun certain ordre de pensées , qui corresponde auxchangements continuels de la machine du corps.Ne faudroit-il pas que l’ame, pour changer à toutmoment ses perceptions , eût continuellement de-vant les yeux l’ordre qu’elle doit suivre, et y son-geât actuellement? Ne faudroit-il pas pour le moinsqu’il y eut en elle une suite d’instruments particu-liers, qui fussent chacun une cause nécessaire d’unetelle ou d’une telle pensée ? et cette suite d’instru-ments ou de pièces peut-elle être conçue dans unesubstance simple et indivisible ? Leibnitz de soncôté suppose quel’ame ne connoîtpas distinctement