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aux antipodes de Londres, en entend cha-que individu soupirer de se trouver à la plusgrande distance de sa patrie , de penser quele globe, un monde entier, est placé entrelui, sa famille, et ses soins domestiques :on voit disparoître le bâtiment qui accom-pagne Cook, et on gémit de cette sépara-tion déchirante. Deux vaisseaux marchantde concert sont deux amis prêts à se secou-rir et à se consoler ; un seul vaisseau est unêtre isolé perdu dans les solitudes d’une merfroide et orageuse. Que peut l’homme quandil n’a que des craintes sans désirs ni consola-tions? il se rebute du travail et de la fatigue;il se lasse de combattre et les ondes et lesvents, et les glaces et les fléaux de l’hiver.Malgré les soins de Cook , malgré son acti-vité inépuisable, l’équipage, exténué, a étédécouragé jusqu’à l’anéantissement ; toutesensibilité étoit perdue, les aliments étoientsans attrait, le sommeil sans douceurs ; en-fin ces hommes soumis à un chef toujoursvivant , toujours enflammé par son génie *étoient expirants comme la nature.
On fut forcé de revenir à cette heureuseTaïti où l’on puis oit l’oubli de tous lesmaux ; dans cette isle où la belle nature,
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