de Gresset. 35g
iî vécut heureux et solitaire , est ce qu’il ap-pelle sa chartreuse. Habitée par lui, elle sem-ble le temple de l'imagination : imaginationpiquante , qui sait peindre avec intérêt lesincommodités du local, les privations de lamédiocrité ; mais en même temps aimableenchanteresse qui montre avec gaieté le poëtedes grâces, placé dans le pays des argumentset des pédantesques harangues ; indigent,mais riche de sa jeunesse et de ses talents,embellissant de douces illusions un réduitobscur, et le meublant de ses souvenirs et deses espérances. L’imagination l’enrichit, eneffet, par le dédain de tous les biens qu’iln’a pas , elle le rend heureux des maux etdes ennuis qu’il évite. Ces privations font lebonheur du sage dans un monde où. le bienest si rare et le mal presque inévitable.
Gresset développe dans cet ouvrage uneimportante vérité morale ; c’est que l’hommeporte avec lui sa destinée, ses vrais biens etses vrais maux. Ils dépendent de son carac-tère et de sa maniéré de voir. Chaque tableaude la vie a deux points de vue, le mal estdans l’un, le bien est dans- l’autre ; l’imagi-nation qui s’y place ternit de ses voiles som-bres , ou embellit tout de ses couleurs bril-
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