B E Gresset.
fois futiles et Corrompues ; si , ramenés unJour à la véritable sociabilité -, les peinturesde Gresset n’étoient plus vraies ; la piece sur-vivrait à l’oubli de ses modèles, le style feraVivre l’ouvrage. Il a tout le brillant de ces so-ciétés dangereuses et séduisantes ; mais il estcependant naturel, même en peignant desïnœurs qui sont hors de la nature.
Gresset a parfaitement imité le ton du grandInonde , ce ton simple et vrai en apparence,qui masque la fausseté , cette politesse quisupplée à la bienveillance pour tout couvrirde son vernis flatteur. On ne peut imaginerplus de beautés dans les détails, et de véritédans les portraits ; plus d’élégance dans l’ex-pression , et en même temps de facilité dansla diction. Il n’y a point de piece dont plusde vers aient été retenus , et qui ait fait pas-ser plus de proverbes dans la conversation.Cette marque du souvenir universel est lesceau des grands succès. La leçon de l’ou»vrage doit vivre avec les beautés de détail.Gresset a donc pleinement réussi dans sondouble objet, l’utilité publique et sa gloirepersonnelle. Comme moraliste, il a démas-qué ces fléaux de la société qui sont la hontede l’espece humaine et la ruine des mœurs :