365 Éloge
Sans cloute Moliere ne se fût point arrêtéà ces ressemblances ; il eût écarté les drape-ries pour peindre le miel, il eût atteint lestraits ineffaçables et la vérité de la nature.Moliere vivra par des peintures générales , ilsera vrai tant qu’il y aura des hommes. LeTartuffe est le scélérat de tous les siècles ; léMéchant est celui des cercles polis d’unegrande capitale. Mais si Gresset n’a montréque la superficie de ces mœurs mobiles, illes a peintes avec une finesse plus convena-ble peut-être à des traits fugitifs que la toucheferme des caractères prononcés. D’ailleurscette superficie des mœurs est ce que con-noissent le mieux les observateurs vulgaires.Le Méchant a-tout ce qu’il faut pour se fairereconnoître. Gresset avertit de ce que peu-vent des dehors séduisants , il dissipe leurprestige; il montre que l’esprit ne vaut queparle cœur, que les grâces ne sont rien sansl’innocence; et malgré les succès de l’espritdes méchants, on sent qu’on en revient tou-jours aux bonnes gens.
J’ose croire qu'il est dans nos usages unedépravation qui n’est qu’une habitude, uneméchanceté qui n’est qu’une mode. Si nousavions le bonheur de perdre ces mœurs à la