DE GïlESSET. 373
dirai : L’homme que je loue eut une amenoble et vertueuse, les jugements publics nelui ont reproché que sa délicatesse ; il nes’est écarté de la vertu qu’en en passant lesbornes. Ce tribut d’estime est le premiertrait de son éloge ; c’est sur cette base iné-branlable'que toute louange doit être ap-puyée. Je dirai aux âmes sensibles , néespour aimer la poésie , pour être enchaînéespar cet accord harmonieux de la parole et dela pensée : Honorez Gresset qui vous a faitpasser de si doux moments ; venez jeter desfleurs sur la tombe du poëte qui a répandutant de grâce dans ses vers. Enfin, je diraiaux gens de goût et aux bons juges de la lit-térature: J’ai loué Gresset, mais avec justiceet sans exagération. Je me suis proposé d’ob.server à la fois et ce qui caractérise son ta-lent et ce qui lui manque. N’imitons pointceux dont l’ouvrage est sans couleur, parce-qu’il n’a que le ton de l’éloge. On sert malen louant tout ; l’effet exige des ombres pla-cées à côté des lumières. Un discours a sonordonnance : s’il n’a point de masses quel’œil puisse saisir , l’esprit 11’est pas éclairé ,et la mémoire ne retient rien. Je présente àl’admiration de mes contempoidns ce que
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