Sya Eloge
morale pure comme Gresset. Que devien-clroit le premier théâtre de l’Europe, cethéâtre qui a donné l’universalité à notrelangue, si les hommes qui aiment le bien,qui ont la vertu devant les yeux , laissoientrégner les mauvaises mœurs, et se défen-doient de travailler pour l’instruction et l’a-musement publics?
Gresset a poussé plus loin le scrupule.Non content d’avoir renoncé au. théâtre, ila craint son talent pour la poésie, il a con-damné plusieurs des amusements de ses loi-sirs : on assure qu’il a fait disparoître deuxchants de Vert-'Vert; Vert-Vert, dont le nomne rappellè que des idées de pureté et d’in-nocence. Ainsi la foiblesse se montre à côtédu génie, ainsi-la vertu même a ses excès. L’i-magination s’égare dans le bien qu’elle cher-che , comme dans le mal qu’elle se permet;et l’homme incertain de ses jugements ,flottant entre des principes ou trop séveresou trop relâchés, se condamne ou s’absouttoujours avec légèreté, et souvent avec in*justice.
Mais, après cet aveu, j’embrasserai d’uncoup-d’œil la carrière que Gresset a parcou-rue. J’appellerai les gens de bien, et je leur