58
RAPPORT
vis-à-vis du nez , se souvenant que la niantétoit ainsi placée lorsqu’elle a perdu la voix.On a fait ce qu’elle demandoit, et en troisquarts de minute elle est devenue muette ;on n’entendoit plus que quelques sons inar-ticulés et sourds , malgré les efforts visiblesdu gosier pour pousser le son , et ceux dela langue et des levres pour l’articuler. Cetétat a duré seulement une minute : on voitque, se trouvant précisément dans les mêmescirconstances, la séduction de l’esprit, et soneffet sur les organes de la voix , ont été lesmêmes. Mais ce n’étoit pas assez que la pa-role l’avertît qu’elle étoit magnétisée ; il afallu que la vue lui portât un témoignage plusfort et plus capable d’ébranler ; il a falluencore qu’un geste déjà connu réveillât sesidées. Il semble que cette expérience montremerveilleusement comment l'imaginationagit, se monte par degrés , et a besoin deplus de secours extérieurs pour être plusefficacement ébranlée.
Ce pouvoir de la vue sur l’imagination ex-sert à frap-plique les effets que la doctrine du magné;nation™ 381 t ^ sme attr ibue au regard. Le regard a émi-nemment la puissance de magnétiser ; lessignes, les gestes employés , né fontcommu-