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Tome second.
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LETTRE

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tré à cet égard notre illustre abbé de Condil-lac, et cet aimable philosophe de Nurem-berg, qui a vu les animaux carnassiers enobservateur, et a décrit leurs moeurs en philo-sophe. L’observation vulgaire nous montraqu’un chien battu pour lui apprendre à obéir,un cheval domté et dressé, ne deviennentobéissants et dociles que parcequ’ils ont dela mémoire. L’éloquente histoire de l’élé-phant fait croire que cet animal ne seroitpas si reconnoissant et si vindicatif, s’il neconservoit pas le souvenir et même le sen-timent des bienfaits et des offenses. On peutdire en général de tous les animaux, que,sans la mémoire, ils ne reConnoîtroient ni leslieux où ils habitent, ni les chemins par'où ilsdoivent passer, ni les campagnes où ils trou-vent leur nourriture. S’ils ont des habitudesqui semblent machinales, vous pensez sansdoute que lamémo'ire en estle principe.Com-bien de choses ne faisons-nous pas machina-lement et sans croire y penser! Nous sommesalors conduits comme eux par une mémoirefoible, mais si sûre qu’elle nous guide sansque nous nous en appercevions. La mémoire,dans les différentes especes , est proportion-née à leurs besoins ; on ne se souvient quède ce qui intéresse. Elle s’étend par l’exer-