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Tome second.
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la4 LETTRE

le danger présent. Si on a vu quelquefoisdes troupes peu nombreuses mettre en fuitedes armées formidables , si quelquefois unseul homme en défense a imposé à une multi-tude qui n’osoit l’attaquer; croit-on que lors-que des animaux considérables parleur grau- *deur et par les armes dont la nature les arevêtus , sont menés , contrariés , frappéspar un foible enfant , lorsque cet enfantconduit et dirige un animal terrible et in-domtable comme un taureau , cet ascendantde la foiblesse sur une grande force ne soitpas le résultat du même méchanisme, etdans les troupeaux comme dans les armées,l’effet de l’imagination qui exagere les for-ces et les dangers ? Ne voit-on pas certainsoiseaux, couchés sur le côté, une paille po-sée sur l’œil, n’oser se relever, domtés parce fétu comme si le tronc d’un arbre pesoitsur leur organe ? C’est une marque de stu-pidité sans doute ; c’est une ignorance qui,ne sachant ni mesurer ni apprécier rien,donne aux choses plus de valeur qu’ellesn’en ont. Mais il en résulte toujours un effetdisproportionné à sa cause., une sensationforte, née d’une action foible, et par consé-quent une idée exagérée, qui est toujoursl’ouvrage de l’imagination.