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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES

plexes. Sans doute la plupart des sciences étaient alors à l'étatembryonnaire; mais, telles quelles étaient, les anciens philo-sophes les connaissaient toutes. Ils se servaient des unes pouréclairer les autres, et arrivaient, dans certaines parties, à desrésultats qui étonnent, quand on considère combien étaientfaibles et incertaines les données scientifiques quils possé-daient, et le peu de ressources qui étaient à leur disposition.

A une époque préparée par dimmenses travaux antérieurs,les spécialités apparurent un moment, il est vrai, dans la Grèce .Mais, phénomène merveilleux! elles se rencontrèrent toutesdans un seul homme : nous avons nommé Aristote . Le pre-mier, Aristote dénombra, divisa et classa les sciences, établitchacune sur son domaine propre, comme dans ses limites ra-tionnelles. Mais est-il besoin de faire remarquer que, dans cettedivision opérée par le travail dune seule intelligence, riennétait véritablement isolé ? En constituant séparément chaquescience, Aristote ne pouvait sempêcher de lui communiquerla vie et les lumières quelle devait recevoir des autres, et savaste tète les concentrait toutes!

Niais à quel foyer Aristote avait-il emprunté ces lumièresdont le flambeau le dirigea dans la conception de sa gigan-tesque encyclopédie? Dans les nombreux travaux déjà produitspar le génie grec, depuis que la science avait donné ses pre-mières fleurs sous le ciel de lIonie ; dans cette vaste encyclo-pédie philosophique, un peu confuse, mais dune richesse exu-bérante, que nous déroulent les livres de Platon . Ajou-tons que, par son génie essentiellement créateur, Aristote tirabeaucoup aussi de lui-même. Il puisa surtout ses idées dans lesrésultats de ses propres études, poussées à la fois dans toutesles directions, et fécondées par ses méditations puissantes, de-puis le jour, se séparant de lacadémie de Platon , avec cequil avait jugé bon demporter de cet enseignement, il allavérifier par lexpérience, augmenter par lobservation et dis-tinguer par lanalyse tous ces éléments si variés qui entraientalors dans la philosophie. Car la faculté de bien juger était égalechez Aristote à la faculté de bien voir. Unissant deux grandsdons qui sont presque toujours séparés, son génie était à la foispositif et métaphysique au suprême degré.

Aussi, quand apparut dans toute sa grandeur lœuvre multiple