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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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PÉRIODE ANTÉHISTORIQUE

<Vun travail de quarante ans, poursuivi sans relâche, à l'aidede tant de facultés énergiques, ce fut un moment sans égal,non-seulement dans la Grèce savante, mais, on peut le dire,dans lhistoire scientifique de tous les peuples. Nous na-vons pas encore à énumérer les nombreux écrits de lim-mortel philosophe de Stagire ; mais nous pouvons dire, sansescompter les louanges qui lui seront données dans sa biogra-phie, que, de toutes les sciences quil a constituées, les unessont sorties complètes de ses mains, à ce point que lon ny arien ajouté depuis; les autres, susceptibles, par leur nature,de développement et de progrès, ont été si bien établies parlui sur leurs vrais fondements, quon na jamais cherché depuisà les en déplacer.

« Rien de ce qui existe, dit Cicéron , ne sest produit tout« dune venue; chaque chose a eu son origine et ses accroisse-« ments successifs. » Cette remarque nest pas moins vraie pourles créations de lesprit que pour des productions de la matière.Les vastes connaissances dAristote prouvent que celles de sesprédécesseurs nétaient pas tout à fait vaines et creuses ; car lascience complète suppose avant elle une science ébauchée.

Ce sont ces rudiments de la philosophie, ces premières no-tions des sciences exactes, que nous proposons de rechercheret de suivre dans les hommes qui ont travaillé avant Aristote , etqui ont préparé son avènement et son triomphe. En même tempsnous essayerons de faire revivre ces philosophes eux-mêmes,en rapportant ce que les anciens auteurs et les traditions nousont conservé relativement à leur existence et à leur personne.

Les vies de ces grands hommes, voués au culte de la science,ne sont pas exemptes daventures, et même de drames, quel-quefois émouvants. À ce sujet, nous ne répéterons pas, avecAI. Cousin, que « la philosophie a été enfantée dans le sang etdans les larmes ». Nous ne croyons pas nécessaire, pour larendre intéressante, dexagérer le nombre de ses victimes.Une seule a suffi pour vouer à lopprobre de la postérité toutpouvoir qui attente à la liberté de la pensée humaine. Mais ilfaut convenir, lhistoire à la main, que, si lon écarte Anaxa-gore, condamné à mort par lAréopage, et sauvé par Périclès des effets de la sentence, ainsi quAristote sexilant volontai-rement dAthènes , après la mort dAlexandre, pour échapper