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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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PÉRIODE ANTÉHISTORIQUE 9

phénomènes que la terre et le ciel offraient tour à tour à ses sens. Est-ilpermis de supposer qu'il n'ait pas réfléchi sur le rapport des effets et descauses, lui (pii était en relation si intime avec la grande cause, son pèreimmédiat; et quil nait pas connu, aussi bien que ses descendants, lanaissance de lunivers, à laquelle il assista! Pendant sa vie, on avait déjàacquis bien des arts, on chantait des poésies, on jouait des instruments,on touchait du kinnes et du schougal. On discernait dans la terre desveines de fer et de cuivre que l'on travaillait de toutes les façons. Onsavait bâtir des édifices, construire des villes et observer les phénomènescélestes; cest à lesprit et au travail des enfants de Seth quest due lascience de lastronomie, de la géométrie, et ils avaient même gravé leursobservations sidérales sur des colonnes de pierre; au rapport de Josèphe,on en voyait encore deux en Syrie de son temps (1). »

Le grand théologien Bossuet nétait pas allé aussi loin quele naturaliste du dix-neuvième siècle. Il se borne à direque les premiers hommes reçurent directement de Dieu laconnaissance des premiers arts nécessaires à leur existencesociale.

Nous ferons remarquer que deBlainville eut pour collabora-teur, dans son Histoire des sciences de l'organisation, et peut-être pour rédacteur en titre, labbé Maupied. Il est à croireque labbé Maupied ajoute ici, de son chef, quelques idées àcelles du professeur dont il nous transmet les leçons. M. deBlainville, en effet, était loin daccepter toutes les interprétationscontenues dans ce livre; il se proposait den publier une secondeédition, qui aurait été, on lassure, considérablement expurgée.

Quoi quil en soit, le passage de l 'Histoire des sciences del'organisation de MM. de Blainville et Maupied, que nous avonscité, prouve quen matière de science le sacré et le profanesexcluent, et que leur conciliation est aussi impossible quecelle de la philosophie avec la théologie.

La physique nous enseigne que deux rayons lumineux, quandils se rencontrent sous une incidence particulière, sous unangle et dans un plan déterminés, semblent se détruire, san-nuler mutuellement, de sorte que lobscurité naît du concoursde ces deux sources de lumière. La science et la foi sont deuxautres grandes clartés, qui, dans quelques circonstances, lors-quon veut les unir, les combiner entre elles, peuvent aussi, à leurtour, produire des ténèbres. La science est la science, la foi est la

(1) Histoire des sciences de l'organisation, Paris , 1817, iu-8°, t. I, p. G.