PÉRIODE ANTÉHISTORIQUE 9
phénomènes que la terre et le ciel offraient tour à tour à ses sens. Est-ilpermis de supposer qu'il n'ait pas réfléchi sur le rapport des effets et descauses, lui (pii était en relation si intime avec la grande cause, son pèreimmédiat; et qu’il n’ait pas connu, aussi bien que ses descendants, lanaissance de l’univers, à laquelle il assista! Pendant sa vie, on avait déjàacquis bien des arts, on chantait des poésies, on jouait des instruments,on touchait du kinnes et du schougal. On discernait dans la terre desveines de fer et de cuivre que l'on travaillait de toutes les façons. Onsavait bâtir des édifices, construire des villes et observer les phénomènescélestes; c’est à l’esprit et au travail des enfants de Seth qu’est due lascience de l’astronomie, de la géométrie, et ils avaient même gravé leursobservations sidérales sur des colonnes de pierre; au rapport de Josèphe,on en voyait encore deux en Syrie de son temps (1). »
Le grand théologien Bossuet n’était pas allé aussi loin quele naturaliste du dix-neuvième siècle. Il se borne à direque les premiers hommes reçurent directement de Dieu laconnaissance des premiers arts nécessaires à leur existencesociale.
Nous ferons remarquer que deBlainville eut pour collabora-teur, dans son Histoire des sciences de l'organisation, et peut-être pour rédacteur en titre, l’abbé Maupied. Il est à croireque l’abbé Maupied ajoute ici, de son chef, quelques idées àcelles du professeur dont il nous transmet les leçons. M. deBlainville, en effet, était loin d’accepter toutes les interprétationscontenues dans ce livre; il se proposait d’en publier une secondeédition, qui aurait été, on l’assure, considérablement expurgée.
Quoi qu’il en soit, le passage de l 'Histoire des sciences del'organisation de MM. de Blainville et Maupied, que nous avonscité, prouve qu’en matière de science le sacré et le profanes’excluent, et que leur conciliation est aussi impossible quecelle de la philosophie avec la théologie.
La physique nous enseigne que deux rayons lumineux, quandils se rencontrent sous une incidence particulière, sous unangle et dans un plan déterminés, semblent se détruire, s’an-nuler mutuellement, de sorte que l’obscurité naît du concoursde ces deux sources de lumière. La science et la foi sont deuxautres grandes clartés, qui, dans quelques circonstances, lors-qu’on veut les unir, les combiner entre elles, peuvent aussi, à leurtour, produire des ténèbres. La science est la science, la foi est la