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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES

foi. Sachons conserver intacts et purs ces deux puissants flam-beaux de Lame humaine , et craignons de les affaiblir l'unet lautre en les faisant entrer dans un dangereux et inutileconcert !

Revenons donc à nos écrivains profanes, et cherchons chezeux les indices, les vestiges, sinon les mouvements, de lascience qui a pu exister dans la période qui précéda létablis-sement de lécole de Thaïes en Ionie .

Mais, avant dinterroger l'historien Hérodote , il est bon desadresser à deux sources beaucoup plus anciennes : nous vou-lons parler dHomère et de son contemporain Hésiode , quivivaient] tous les deux environ trois cents ans après la guerrede Troie, immortalisée par le génie dHomère .

Les poètes anciens faisaient entrer dans leurs œuvres toutesles connaissances morales, physiques et religieuses de leurtemps. Le poëme épique, devenu si pâle et si creux chez lesmodernes, était alors le genre de composition qui exigeaitla science la plus étendue.

En dehors de ses beautés littéraires, Y Iliade nous présente auplus haut degré le caractère encyclopédique. Lastronomie, lagéographie,lastatistique même, lhistoire naturelle, lindustrie,la médecine, la botanique, larchitecture, la peinture, tous lesbeaux-arts, et jusquaux arts mécaniques ou simplement utiles,voilà les éléments, avec beaucoup dautres encore quil seraittrop long dénumérer, contenus dans cette vaste composition.Chaque savant peut y reconnaître les traces de la science quilcultive.

Les deux poëmes dHomère , Y Iliade et Y Odyssée, ont vive-ment frappé, sous leur aspect scientifique, l'attention de Cuvier:

« Nous voyons, dit ce savant, par les poëmes d'Homère , que, de sontemps, les arts et les sciences avaient fait de grands progrès. Le com-merce de la Coleliide avait procuré aux Grecs des richesses diverses, desmétaux, des matières tinctoriales, des procédés de divers genres ; ilssavaient forger et tremper les métaux, ciseler et dorer les armes, fabri-quer des tissus et les teindre de brillantes couleurs. La sculpture,l'architecture et la pointure avaient aussi été inventées. Lhistoirenaturelle nétait point totalement ignorée, et ce quon en savait étaitapparemment assez répandu, car on rencontre dans les poëmes dHomère un grand nombre de notions sur les propriétés médicinales des plantes,et dobservations fort justes sur les mœurs et les habitudes des animaux.Par exemple, la comparaison que fait Homère dAjax poursuivi par des