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1 (1866) Savants de l'antiquité : Thalès, Pythagore, Platon, Aristote, Hippocrate, Theophraste, Archimède, Euclide, Apollonius, Hipparque, Pline, Dioscoride, Galien, Ptolémée et l'école d'Alexandrie / par Louis Figuier
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PÉRIODE AXTÉHISTORIQUE 15

Quand on cherche le motif de ces attaques, on craint de letrouver tout simplement dans la concurrence que les deuxphilosophes-poëtes faisaient aux philosophes de profession etaux chefs décoles.

Avec Homère et Hésiode nous n'avons pu suivre la science,pendant la période antéhistorique, que dans la Grèce etquelques contrées de lAsie Mineure. Pour la trouver en dau-tres lieux, rejoignons Hérodote .

Aous avons dit que le Père de Vhistoire avait voyagé enGrèce , en Egypte et en Assyrie . Selon Pline, ces trois paysétaient les seuls lastronomie fût cultivée avec quelquesuccès.

Peut-être conviendrait-il de limiter à ces trois mêmes con-trées la culture sérieuse de toutes les autres sciences. LesPersans , renfermés dans des spéculations abstraites et méta-physiques , sisolaient eux-mêmes du mouvement scientifiquequi faisait naître chez leurs voisins quelques découvertes utiles.Lexistence des Chinois était absolument ignorée , car cepeuple nest nommé nulle part dans les histoires anciennes. Lafabuleuse expédition de Bacchus rappelait seule les relationsdun moment que la Grèce , encore barbare, aurait pu avoir,avec les Indiens, dans un passé obscur.

Ces derniers peuples avaient sans doute une science, ou,pour mieux dire, une théologie scientifique ; mais le peu qui enavait transpiré chez les Grecs avait tant de ressemblanceavec ce quon enseignait dans les temples de lEgypte , que laseule question agitée était celle-ci : « Est-ce lÉgypte qui ainstruit lInde , ou lInde qui a instruit lEgypte ? »

Aujourdhui quon en sait beaucoup plus sur l'Inde que lesanciens Grecs ne pouvaient en savoir, la même question diviseencore les savants. Cuvier a essayé de la résoudre, en y intro-duisant un troisième terme, les Babyloniens . Nous laisseronsparler ici le savant auteur de Y Histoire des sciences naturelles :

« Lorsquon compare, dit, Cuvier , lhistoire dos Indiens, des Babylo­ niens et des Égyptiens, il est impossible de mettre en doute quil neûtexisté entre eux des communications suivies dès leur origine, ou quecette origine ne soit la même. Chez tous trois, en effet, on remarque descroyances métaphysiques et religieuses identiques, une constitutionpolitique semblable, un même style d'architecture et des emblèmes pour