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VIES DES SAVANTS ILLUSTRES
envoya à Aristote une série d'observations dont la plus ancienneremontait à dix-neuf siècles !
Dans un ouvrage adressé à Voltaire , Lettres sur l'origine dessciences { 1), Bailly cherche à prouver qu'il a existé, dans l’anti-quité la plus haute, un peuple qui avait poussé fort loin les con-naissances scientifiques, entre autres celles de l'astronomie. Cepeuple, dont Bailly laisse le nom et la situation dans le vague,était peut-être celui de la Chahlée.
« Je désire toujours que vous croyiez à mon ancien peuple perdu. Noussommes d’accord sur les faits astronomiques; ils sont exacts. J'ai tâchéde les réunir, de les présenter sous le point de vue le plus propre àmontrer la marche et les progrès de l'esprit humain. Nous ne différonsque sur quelques idées placées à la tète de mon ouvrage sur l’histoire del'astronomie ancienne... Elles appartiennent à ces temps anciens, etpour ainsi dire primitifs, qui renferment dans leur obscurité l’inventiondes choses...
« J'ai dit qu'en considérant avec attention l’état de l'astronomie enChine , dans l'Inde , dans la Chahlée, nous y trouvons plutôt les débrisque les éléments d'une science. Si vous voyiez, monsieur, une maison depaysan bfitie de cailloux mêlés à des fragments d’une belle architecture,ne concluriez-vous pas que ce sont les débris d’un palais construit parun architecte plus habile et plus ancien que les hab tants de cette maison.Les peuples de l’Asie , héritiers d'un peuple antérieur, qui avaient dessciences ou du moins une astronomie perfectionnée, ont été dépositaireset non pas inventeurs ,2). »
Delamhre, habile géomètre-astronome, mais moins savantque Bailly en histoire, s’est élevé avec aigreur contre cette opi-nion, et l’a combattue par de très-mauvais arguments.
Ilelambre connaissait mal l’état des sciences chez les an-ciens Indiens. Libri, dans son Histoire des sciences mathéma-tiques en Italie, l’a prouvé d'une manière péremptoire. S'ilne s'agissait donc que de décider entre les deux opinionsopposées, nous inclinerions vers celle de Bailly, en repoussanttoutefois l'idée de son peuple primitif, perdu dans l’ombre dupassé. L’histoire générale nous semble singulièrement bornée,comparativement à l’étendue des terres qui ont été habitéespar les hommes de temps immémorial, et à la longue série