PÉRIODE ANTÉHI8TORIQUE 17
dans l'Occident par l'intermédiaire des Grecs qui étaient allés visiterl'Égypte . Les Indiens n'ont pas directement contribué à la civilisationgénérale, car, bien que retrouves après qu'on eut doublé le cap de Bonne-Espérance , l’état ancien et le développement de leurs connais-sances ne nous sont un peu connus que depuis environ vingt ans, c’est-à-dire depuis qu’on est parvenu à expliquer leurs livres sacrés, dont lacommunication seule est même fort difficile à obtenir, parce qu'elle estinterdite par leur loi religieuse.
« Cependant c’est de l'Inde vraisemblablement que les sciences sontoriginaires. Diverses considérations appuient cette opinion (1). »
Nous voilà bien assurés maintenant que le silence d’Hérodote et des autres écrivains de l’antiquité, sur l'état des sciencesdans l’Inde , pendant la période antéhistorique, ne nous ferarien perdre d’utile. Nous allons retrouver suivies bords du Nil l’équivalent ou, pour mieux dire, une image fidèle, de la civi-lisation qui fiorissait alors dans les vallées de l'Indus et duGange . C’est en effet, comme le dit Cuvier, par les rapportsdes anciens Grecs avec l'Egypte , cpte nous pouvons rece-voir quelque lumière sur les croyances, les idées, les études, lessciences, les arts, en un mot sur tout ce qui constituait la vieintellectuelle du pays des Pharaons , cinq siècles à peu prèsavant l’ère chrétienne.
Hérodote n’est pas le premier des Grecs qui aient visitél'Egypte , mais c’est le seul qui l’ait interrogée en historienfutur de ce qu’il allait apprendre.
On peut juger, tout d’abord, de la nature scientifique desquestions qu’il dut poser aux prêtres égyptiens, ses hôtesbienveillants et amis, par cette réponse que lui fit l'un d'eux:
L’Egypte est un présent du Nil . « Les prêtres égyptiens, qui,à l’exemple de leurs confrères de la Chaldée et de l'Inde ,aimaient à s’envelopper d’emblèmes, n’étaient pas étrangersà toute science positive, puisqu’ils avaient reconnu le mode deformation et la constitution géologique du sol de leur pays.
Les anciens Egyptiens étaient surtout renommés pour leurscience astronomique. Mais les Chaldéens les avaient précé-dés dans cet ordre de connaissances, et leurs observations em-brassaient une série d’années véritablement prodigieuse, puis-que, d’après un commentateur d’Aristote , Simplicius , lors dell’expédition d’Alexandre, Callisthène reçut des Chaldéens et
(1) Histoire des sciences naturelles , leçon, p. 28-29.