ÉCOLE D’ALEXANDRIE
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Après avoir partagé, avec Callimaque et Théocrite , lesfaveurs de Philadelphe, Aratus fut appelé en Macédoine, par leroi Antigone, de Goni, et il vécut avec lui sur un pied d’intimité.Ce fut ce roi qui l’engagea à mettre en vers deux ouvragesd’Eudoxe intitulés, l’un les Phénomènes, l’autre le Miroir,afin de vulgariser chez les Grecs les découvertes astronomiques.Revêtues d’une parure brillante, les notions astronomiques de-vaient avoir plus d’attrait pour l’imagination, et se retenirmieux au moyen du rhythme et de l'harmonie.
Le poëme d’Aratus eut un succès immense. Nous avons ditavec quelle sévérité injuste il fut jugé par Hipparque . En dépitde cette critique, il eut une foule de commentateurs et d’ad-mirateurs. A Rome , un peu plus tard, il fut traduit ou imitéen latin par Cicéron , César et Germanicus . Au point de vuelittéraire et poétique, ce poëme a été quelquefois sévèrementcritiqué. Quintilien dit qu’il est sans action, sans passions, sanscaractère, sans variété ; il ajoute pourant que l’auteur n’est pasresté au-dessous de son sujet. Cet ouvrage se recommandait, aumoins, par une disposition régulière et méthodique, par desépisodes bien choisis et par des vers heureux.
Puisque Aratus n’était point un astronome et que, selon Hip parque , toute la partie scientifique de son poëme appartient àEudoxe, de Cnide, il ne sera pas hors de propos de dire, enpassant, quelques mots sur la personne et les travaux d’Eudoxe .
Cet astronome vivait au quatrième siècle avant notre ère.dans un temps où l’école d’Alexandrie n’existait pas encore.Cicéron dit qu’il s’était formé à l’école des prêtres égyptiens.Du temps de Strabon , on montrait, à Cnide , l’observatoire oùEudoxe avait déterminé la position d’une étoile connue sous lenom de Canobus. Il avait fait, suivant Ptolémée , plusieurs ob-servations en Sicile et en Asie . Pline dit qu'il fit connaîtredans la Grèce , l’année de 365 jours déterminée par les Egyp tiens . C’est l’année que Sosigène et Jules César adoptèrentpour le calendrier Julien.
Eudoxe composa, sur la géométrie et sur l’astronomie, plu-sieurs ouvrages, dont les titres même, à l’exception de trois (laPériode, les Phénomènes et le Miroir) sont oubliés.
Les historiens citent souvent un prêtre égyptien, nomméManéthon , qui eut quelque célébrité sous Ptolémée Phila-